Le rap du téléphone

Dans le Journal de Montréal, un sondage Léger montrait que 52% des jeunes écrivaient sur leur cellulaire (portable ou mobile en France) des textos au volant de leur véhicule et ceci malgré les interdictions et les amendes sévères. Il faut dire que bien des parents donnent le mauvais exemple, enfreignant la loi en répondant à un appel tout en conduisant. En 1998, T-Bear avait eu la prémonition de cette véritable dépendance au cellulaire en écrivant le poème que voici :

Le rap du téléphone

Début de matinée,

Rapport pas terminé,

Le Patron me crie après,

Le téléphone sonne sans arrêt.

Tout se brouille dans ma tête.

J’en ai marre, je file aux toilettes,

Pour que personne ne m’embête.

Je m’assieds sur la cuvette.

Le cellulaire vient à sonner

Et c’est comme ça toute la journée,

Pas le temps de me soulager,

Pas le temps même de manger.

Partout, partout le téléphone me suit,

Je ne sais plus où j’en suis.

Je deviens fou, je quitte mon emploi,

Je plaque le boulot et je retourne chez moi.

Et là mon téléphone fixe m’attend,

Avec son clignotant.

J’écoute bien sage

Tous mes messages.

Il y a les impôts

Qui veulent ma peau

Et l’électricité

Qui menace de cécité

Et mon loyer

Qui veut être payé

Et les vendeurs de pubs

Qui m’entubent

Et ma blonde hystérique

Qui m’astique.

J’en ai marre.

Je fous le camp dans un bar

Je me lève une minette

Pas trop nette.

On se danse un rap,

Le portable me rattrape

J’avais oublié de le fermer,

Ça ne s’arrêtera donc jamais?

C’est ma blonde qui s’ennuie.

Elle veut qu’on passe la nuit.

Je vais donc la chercher.

Téléphones débranchés,

Ça ne fait pas un pli,

On se met au lit.

Au moment de bien faire,

En directe du cimetière,

Un texto de ma mère

Sur mon cellulaire éteint

« Touche pas à cette catin ! »

Ça bloque mon affaire.

Voilà ma blonde en colère!

Mais qu’est ce que je peux y faire?

Je suis devenu complètement obsédé.

Au numéro que vous aurez demandé,

Un jour, il n’y aura plus personne:

Je serai pendu au téléphone

R. Bourges

8/11/98

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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