Hurler avec les loups

loup-luneMardi 16 décembre 2013, jour de pleine lune en gémeaux. -24°C ce matin ressenti-30° avec le facteur éolien. On nous annonce pire en fin de semaine : -27° samedi sans compter le facteur vent. T-Bear dans sa tanière chaude se demande comment il a pu dormir sous la tente et travailler dehors par des froids plus intenses encore… mais plus secs. On arrêtait de travailler à -40° à cause des hélicoptères dont les pales du rotor givraient.

photo Jacques Cardin

photo Jacques Cardin

Avoir eu des traîneaux à la place, on aurait peut-être continué… ou peut-être pas. La plus basse température qu’a connu T-Bear qui travaillait avec Jacques Cardin son ami et patron à l’époque fut -63°C sans compter le facteur vent. Mais l’air est sec sous ces latitudes, tandis qu’à Montréal, le tôt d’humidité est de 82% ce matin. Ils étaient ensembles, sous la tente à B80 en 1972. Ils étaient jeunes… Et les nuits de pleine lune, le choeur des loups envoutait T-Bear. Pourquoi les loups hurlent-ils plus à la pleine lune ? Probablement parce que leur terrain étant bien éclairé, la chasse est plus facile et fructueuse. T-Bear a beaucoup entendu les loups la nuit pendant ses 5 années d’exploration dans les camps de toile, mais il n’en a jamais vus de vivants. Pourtant, ils étaient omniprésents et suivaient la piste des équipes. Au retour, T-Bear et les autres retrouvaient leurs traces dans la neige ou dans la boue.

loup-garou

loup-garou

louve romaine

louve romaine

Les premiers temps, T-Bear éprouvât quelques pincements à la vessie, la tête bourrée de tous les horribles contes dont les ignorants adultes avaient saturé son enfance, y compris Jacques London et malgré la louve romaine ou Mowgli. Les Indiens et les vieux bûcherons ont ri de ses peurs, celles d’un pied tendre de la ville et Français de France de surcroit qui croyait tout savoir et qui ne savait rien de la vraie vie. Dans le grand Nord de l’Est Canadien, les loups n’affrontent pas les humains, ils se défendent seulement en cas d’attaque de leur pire prédateur.

Les couples de loups sont très fidèles l'un à l'autre

Les couples de loups sont très fidèles l’un à l’autre

Ils nous suivaient uniquement par curiosité, mais de loin. Les humains sont trop imprévisibles et dangereux. On ne sait jamais avec eux. Pendant des décennies, Nous les avons décimé à cause des légendes européennes et contre l’avis expérimenté des autochtones qui les respectent. Chaque carcasse de loup ramenée donnait droit à une grosse prime. Imaginez les conséquences, ils ont failli être éradiqués. Ne seraient restés que des loups dans des réserves, comme ceux-ci qui chantent parce que le loup aime chanter. Et puis d’incompréhensibles épizooties ont commencé à ravager les troupeaux de caribou qu’on voulait protéger. Les scientifiques expédiés ont donné à l’unanimité pour cause l’extermination du loup qui assainissait les hardes en éliminant les malades et les plus faibles. Alors le gouvernement fédéral a payé cher pour réintroduire le loup de l’arctique et il en a interdit sa chasse. Nos impôts dilapidés dans un stupide et nocif massacre, alors que s’ils avaient écouté les autochtones à la place Au temps où T-Bear travaillait dans la toundra boréale, caribous et loups avaient repris leur vie commune. Avec l’expérience, on pouvait suivre la chasse depuis l’appel jusqu’à la chorale finale des ventres pleins, comme un hymne de remerciement à Ishe Manitu, avant que chacun ne regagne sa tanière. Écoutez le chant si pure de cette jeune louve

N’oubliez pas de jeter un clin d’oeil aux insolences d’un T-Bear libre au pays de la poutine en cliquant sur le logo ci-contre  aujourd’hui : acheter Québécois

 

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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