Plus fidèle que ça, tu meurs !

T-Bear ne peut s’empêcher d’avoir l’eau qui lui sort des yeux en regardant ce dessin qu’il partage avec vous. Peut-être parce qu’une telle constance dans l’amour nous semble rare à nous les humains… du moins à priori. Chien fidèleÀ priori car elle existe bel et bien aussi chez nous, mais les hommes ou les femmes qui en sont atteints ne le montrent pas, par peur d’être RIDICULISÉS. Comme si la fidélité à un amour outre tombe serait une maladie mentale qui pourrait devenir contagieuse et dangereuse pour l’humanité. Alors qu’elle touchera le coeur et fera la manchette des journaux s’il s’agit d’animaux, le chien en particulier. Et pourtant bien plus d’humains que l’on ne pense en sont « affligés ». T-Bear a pu de visu le constater et va vous le raconter.

Intérieur de l'atelier à T-Bear Place du Mercadial à Graulhet

Intérieur de l’atelier à T-Bear Place du Mercadial à Graulhet

C’était en France à Graulhet du temps où il tenait son atelier de peintre sur la place du Mercadial. Très rapidement sa boutique était devenue le rendez-vous d’habitués de tous sexes, de toutes les ethnies et de tous les rangs sociaux peuplant la ville. « Le confessionnal » comme l’appelait l’épouse du Maire. Toutes et tous venaient quotidiennement bavarder avec « l’artiste » sachant trouver une oreille ouverte et attentive, même si le peintre ne se gênait pas pour donner avec son franc parler proverbial son opinion personnelle tout en continuant son travail (la modestie et la timidité n’ont jamais étouffé T-Bear). RobertpaintingL’une de ses assidues visiteuses était une septuagénaire dont la silhouette de dos aurait pu rendre jalouse beaucoup de femmes dans la trentaine. Toujours habillée avec soin d’un tailleur au style de son époque et de quelques discrets bijoux de valeur, elle arrivait à pas menus dans l’atelier en chantant sur deux tons à l’entrée son bonjour coutumier accompagné du « je ne vous dérange pas ? » qui n’était pas une question mais une politesse. Sa chienne rondouillarde comme un « Sphéroïde » femelle avait les mêmes bonnes façons vis à vis de Cybèle, la compagne à 4 pattes de T-Bear. Très vite les commérages de petite ville avaient averti T-Bear que cette gentille veuve (depuis 6 ans à l’époque) n’avait peut-être pas toute sa tête malgré son rang et son apparence soignée car  « ON » l’avait surprise à « parler toute seule ». De nos jours, avec 30 ans de moins, « ON » aurait pensé tout simplement qu’elle téléphonait en main libre tout en marchant. C’est elle-même qui abordât le sujet en faisant cette confidence à T-Bear.

Vous savez, mon mari n’est pas mort dans mon coeur. Il est toujours présent pour moi et parfois même je l’entends dans ma tête. Chaque matin, dès qu’ouvre le cimetière, je vais m’asseoir sur sa tombe et je lui commente les nouvelles comme on le faisait autour du petit déjeuner autrefois avant sa mort. Ça me fait tellement de bien, vous ne pouvez pas savoir. Je repars le coeur en paix, presque heureuse. Ensuite je vais à l’église pour demander à Dieu qu’il nous rejoigne le plus vite possible et puis je viens chez vous… ou chez Alain (le jeune employé du magasin de photo jouxtant celui de T-Bear) parce que vous m’êtes très sympathiques et que vous ne dites jamais de mal des autres… Vous savez, les gens me prennent pour une folle quand parfois je réponds malgré moi à mon mari, mais ça ne me dérange pas trop…  

La voiture qui défonçât la vitreine de l'atelier de T-Bear

La voiture qui défonçât la vitreine de l’atelier de T-Bear

Juste avant qu’une voiture folle ne fracasse l’atelier de T-Bear en lui faisant comprendre que c’était un bon prétexte pour quitter sa vie d’artiste publique, elle était venue lui annoncer le décès de sa chienne. Et de lui dire la larme à l’oeil : c’est maintenant à mon tour. J’ai tellement hâte de les rejoindre !!!

T-Bear espère de tout coeur pour elle que depuis ce temps sa prière a été exhaussée.

N’oubliez pas de jeter un clin d’oeil aux insolences d’un T-Bear libre au pays de la poutine en cliquant sur le logo ci-contre  aujourd’hui : L’amour rend aveugle

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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2 commentaires pour Plus fidèle que ça, tu meurs !

  1. Danielle Belley dit :

    Très touchant Monsieur Tbear!!

    Envoyé de mon iPad

    >

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    • tbearbourges dit :

      Oui, d’autant plus que cette femme est (ou était) tout à fait saine d’esprit et ne se cachait pas de ses croyances et de ce qu’elle ressentait, très simplement, dignement, mais sans ostentation; assumant même le fait que certains la disent folle.

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