La modeste sagacité de l’ours.

T-Bear n’est pas croyant. Non pas parce qu’il n’aimerait pas, c’est tellement plus simple et commode de « croire ». Surtout pas non plus à cause de convictions dogmatiques. Croire  dans le « Dieu » de ses ancêtres lui est tout simplement devenu impossible. Les horreurs sanguinaires, les cruautés et les démences collectives auxquelles il a dû assister bien malgré lui dès sa naissance et jusqu’aux premiers pas de l’âge adulte l’empêchent d’avoir foi en un BON dieu ? Pire encore, un dieu qui aurait fait L’HOMME À SON IMAGE et donc par réciproque qui serait À L’IMAGE DE L’HOMME. Quelle insoutenable abomination.

La création d'Adam par Michel Ange. Remarquez bien que n'étant pas encore touché par la Grâce, le premier homme n'est pas encore un homo erectus

La création d’Adam par Michel Ange. Remarquez bien que n’étant pas encore touché par la Grâce, le premier homme n’est pas encore un homo erectus

D’AUTRE PART si la vie n’a pas de sens, si elle n’est que le produit d’une fortuite coïncidence, d’un stupide hasard, d’une colossale erreur ou même d’une soupe chimique primordiale alors pourquoi EN VAIN agir, souffrir, désirer, convoiter, envier, accumuler, s’instruire, penser, créer etc. ? Pour quelques plaisirs si vite oubliés qui ne peuvent compenser tout le calamiteux reste ? À quoi ça sert donc de vivre si la vie est absurde et que tout finit inéluctablement en cendre ou en poussière ? Alors ? Alors ? ALORS ? Pourquoi ? Pourquoi malgré tout et contre toute logique s’accroche-t-on désespérément de peine et de misère à ce « spasme de vivre » (E. Nelligan) ? 

Narcisse par le Caravage... ou l'exaltation du MOI

Narcisse par le Caravage… ou l’exaltation du MOI

Que l’on soit croyant ou athée convaincu, insupportable, intolérable est L’idée même que cette créature supérieure, cet être pensant et si intelligent, ce MOI totalement irremplaçable puisse disparaître inéluctablement et à jamais dans l’abysse insondable du néant de l’oubli. INSUPPORTABLE !!! AppleAlors, comme un ver dans la pomme LE doute finit par percer la carapace d’incrédulité du matérialiste le plus acharné. Et plus l’âge nous avance inexorablement vers l’échéance fatale et plus nous ronge l’incertitude. Car la conviction en symbiose avec le sentiment d’invulnérabilité est le luxe de la jeunesse. Ainsi s’incruste malgré soi, malgré soi la question captieuse « et si il y avait quelque chose… ? » Une raison d’être qui dépasse l’entendement, un sens à la Vie, la NÔTRE ?  La vie après la vie, la réincarnation, la métempsycose, l’esprit des animistes, bref n’importe quoi, TOUT sauf l’extinction complète et définitive de mon MOI chéri, même si parfois il nous agace. Oh bien entendu, il ne s’agit surtout pas d’un « super papa », d’un démiurge, d’un dieu mais de « quelque chose » ?!!?

Montage photographique de Gilbert Garcin

Montage photographique de Gilbert Garcin

En tout cas ce « quelque chose » s’il existe ignore avec une indifférence totale le MOI de T-Bear autant que peut le faire T-Bear pour les molécules qui le composent… à moins qu’elles lui fassent mal en quelque part. Faudrait-il tourmenter le « bidule » pour qu’il s’intéresse à nous ? C’est vrai que nous les humains nous y employons sérieusement avec tout ce qu’on fait subir à notre planète… ! Mais elle n’est après tout qu’une infime particule du cosmos, pas trop de danger d’éveiller son attention même si on la détruit complètement et notre bonne étoile avec. D’autre part à éveiller l’intérêt de « la chose » le risque est grand car si par hasard elle est à notre image, elle ne manquera pas comme nous le faisons d’éradiquer ce qui l’irrite.

 Ours blanc couché - sculpture de Bernard Rebaudet

Ours blanc couché – sculpture de Bernard Rebaudet

Finalement. à bien y réfléchir, T-Bear préfère se contenter de son indifférence. Pour vivre heureux vivons couché pense l’ours. Qui, dans sa modeste sagacité, ne doit pas tellement se préoccuper du sens de la vie ou de la mort ou d’un grand Manie-tout ou d’un hypothétique au-delà. Il se contente de vivre tout simplement. Sont fous ces humains à s’entretuer pour les VANITÉS DES VANITÉS.

N’oubliez pas de jeter un clin d’oeil aux insolences d’un T-Bear libre au pays de la poutine en cliquant sur le logo ci-contre  aujourd’hui : SUPER FRANÇOIS.

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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