Slurp ! Miam miam : le pâté chinois.

Voici un autre mets Québécois des plus facile à faire et qui est délicieux. Plusieurs théories entourent les origines de ce plat typique. La seule qui reste à peu près plausible chronologiquement concorde avec son apparition à partir de 1930.

La grande dépression de 1930 en Amérique du Nord

La grande dépression de 1930 en Amérique du Nord

C’est la grande dépression et les gens pauvres recherchent ce qu’il y a de plus nourrissant au meilleur marché. C’est alors qu’est apparue la viande hachée qui permettait de rendre les déchets de viande comestibles à un coût incomparable. Alors qu’à l’époque les Européens s’obstinaient à donner le maïs aux cochons et à la volaille, ça faisait plusieurs siècles, que les Canadiens (Québécois d’aujourd’hui) avaient appris des Amérindiens à cuisiner le « blé d’Inde » comme ils appelaient cette céréale. Enfin, depuis sa propagation par Parmentier, la « pétaque », patate ou pomme de terre est devenue la base de la nourriture à cause de son faible prix de revient. Donc dans ces temps de la déprime économique, l’alliance de ces 3 ingrédients allaient donner le pâté chinois, une sorte de hachis parmentier avec une céréale en plus, le maïs ou blé d’Inde.

le mélange viande hachée, maïs et purée donne le pâté chinois. Mais pourquoi chinois ?

le mélange viande hachée, maïs et purée donne le pâté chinois. Mais pourquoi chinois ?

Mais pourquoi ce qualificatif de « chinois » puisque ce plat n’a vraiment rien d’asiatique ? Et c’est là que les avis diffèrent. L’écrivain Jean-Marie Francoeur a écrit tout un livre là dessus, mais son explication repose sur « l’échine de porc » qui aurait été la viande d’origine. Or ça ne tient pas du fait qu’au Québec on désigne ce morceau par « surlonge », traduction française de la coupe anglaise « sirloin ». Par contre une source plus simple et plus crédible avait été rapportée à T-Bear par Pépère, son vieux voisin de St-Antoine maintenant décédé depuis plus de 20 ans. Il était donc contemporain de l’apparition du fameux parmentier amélioré.

Une mère de famille et ouvrière en usine comme l'une de celles-ci qui devait préparer une nourriture bourrative, simple  et vitre faite aurait inventé le pâté chinois

Une mère de famille et ouvrière en usine comme l’une de celles-ci qui devait préparer une nourriture bourrative, simple et vitre faite aurait inventé le pâté chinois

Ce serait l’invention d’une mère de famille de Lachine, un quartier de Montréal industriel et ouvrier à l’époque et directement frappé par la crise. Lisez l’origine du nom de cet arrondissement en cliquant dessus : LACHINE. C’est du folklore mais pas une légende. Et en référence à son coin, la créatrice de ce fricot l’aurait nommé pâté chinois.

Canal Lachine dans l'ancien temps

Canal Lachine dans l’ancien temps

Contrairement au hachis parmentier qui permettait à l’origine d’utiliser les restes de viande, le pâté chinois utilise de la viande hachée fraîche. Quand au blé d’Inde, il peut être soit en grain soit en crème. T-Bear préfère le maïs en crème. Si en France vous ne trouvez pas de crème de maïs en boîte, ajoutez un peu de cassonade au contenu de votre boîte de maïs en grain avec un peu de fécule de maïs et faites frémir dans un peu d’eau jusqu’à ce que le mélange devienne crémeux. Voici la recette traditionnelle un tout petit peu arrangée selon T-Bear

SONY DSCPâté chinois

ingrédients pour 6 personnes :

  • 450g (1 lb) d’un mélange égale de boeuf et de porc hachés maigres
  • 1 kg (2.3 lb) de pommes de terre à purée (ou l’équivalent de purée en sachet pour les gens pressés)
  • 1 boîte de 540 ml (19 oz) de maïs en crème
  • 300 ml (1.6 tasses) de lait
  • 60 g (1/8 lb) de beurre
  • 1 tasse de bouillon (poulet ou boeuf)
  • 1 cuillerée à soupe d’huile
  • 2 oignons hachés finement
  • 1 gousse d’ail écrasée
  • feuilles de céleri hachés finement
  • 1 pincée de noix de muscade moulue
  • paprika au goût
  • sel, poivre au goût

Préparation :

Placez la grille au centre du four. Préchauffez le four à 190 °C (375 °F)

Dans une grande poêle, dorez l’oignon. Ajoutez y la viande et faites la revenir jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de fibre rosée. Salez et poivrez et assaisonnez avec les feuilles de céleri hachées et l’ail écrasé. Ajoutez le bouillon et réduire le tout. Retirez du feu.

Pendant ce temps sur un autre rond faites bouillir les pommes de terre. Dans le lait (réserver 50 ml de lait) et le beurre (réserver 10g de beurre) en assaisonnant de sel, poivre et muscade, pilez (réduire en purée) grossièrement les pommes de terre cuites.

Étalez la viande au fond d’un plat de cuisson ou à gratin dont vous aurez beurré  (avec les 10g restant) le fond et les parois. Étalez par dessus la crème de maïs puis la purée de pommes de terre. Saupoudrez de paprika et répandez au pinceau le reste de lait sur la surface pour faire mieux dorer. Cuire au four environ 30 minutes. Terminer la cuisson sous le gril (broil). Laisser tiédir 10 minutes et servir.

N’oubliez pas de jeter un clin d’oeil aux insolences d’un T-Bear libre au pays de la poutine en cliquant sur le logo ci-contre  aujourd’hui : Feu « VERT » donné à l’exploration pétrolière de l’île d’Anticosti par le gouvernement du Québec.  

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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2 commentaires pour Slurp ! Miam miam : le pâté chinois.

  1. TOUTE CETTE HISTOIRE EST FAUSE LE PATÉ CHINOIS VIEN DES ÉTATS UNIE A LA CONSTRUCTION DES CHEMIN DE FER PAR LES CHINOIS IL FALAIT TROUVER UNE NOURITURE PAS CHER ET SOUTENANTE LE BLÉ DINDE ET LES PATATE IL Y EN AVAIT PLEIN LES CHAMPS IL RESTAIS JUSTE A METTRE UN PEUT DE VIANDE ET VOILA LE PATÉ CHINOIS A ÉTÉ CRÉÉ POUR LES CHINOIS.

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    • tbearbourges dit :

      C’est effectivement une des versions qui est aussi controversée que celle que T-Bear donne, alors il ne s’obstinera pas sur le passé mais se contentera de dire tout simplement qu’à son goût C’EST BON !

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