Slurp ! Miam miam : pour le meilleur et pour le pire

Ésope et le renard. dessin sur une coupe d'époque.

Ésope et le renard. dessin sur une coupe d’époque.

Du temps où le « fabuleux » Ésope était encore esclave, son maître lui demanda d’aller acheter, pour un banquet, la meilleure des nourritures et rien d’autre. Ésope ne ramena que des langues! Entrée, plat, dessert, que des langues! Les invités au début se régalent puis sont vite dégoûtés.

« Pourquoi n’as tu acheté que ça ? ».

 » Mais la langue est la meilleure des choses. C’est le lien de la vie civile, la clef des sciences, avec elle on instruit, on persuade, on règne dans les assemblées… »

« Eh bien achète moi pour demain la pire des choses, je veux diversifier et les mêmes invités seront là. »

Ésope achète encore de la langue car n’est-elle pas aussi la pire des choses quand elle devient « la mère de toutes les insultes, la nourrice des procès, la source des guerres, de la calomnie et du mensonge » ?

T-Bear enfant détestait ou plutôt haïssait la langue. D’autant plus que sa mère en servait souvent pendant ses 10 premières années de vie. En temps de guerre et de restriction c’était la viande la moins chère que l’on trouvait sur le marché. Le temps des vaches aigres étant passé, la table se remplit d’autres mets plus délicats… du moins le croyait-il fermement. Jusqu’au jour où, rendu adulte, des amis lui servirent une viande bizarre nappée de sauce verte. Suave, exquis à tel point qu’il en reprit. Rendu au café, sa curiosité lui délia la langue excitée par un petit armagnac à nuance de violette de 20 vieilli. Il osa demander quelle sorte de viande ils avaient savouré. Et son hôtesse de lui répondre tout simplement : de la langue de boeuf. Ayant repris ses esprits après s’être quel que peu étouffé, il demanda la recette. De nos jours, la langue de boeuf est devenue relativement dispendieuse, mais de temps en temps T-Bear s’en mijote une, comme au cours de la fin de semaine passée.

Même si vous avez des préjugés ou une vieille nausée d’enfance, essayez, c’est vraiment la meilleure des choses… à condition de bien la préparer, sinon ça peut-être effectivement devenir la pire. La langue de veau est plus délicate, mais elle ne parle pas trop à T-Bear parce qu’elle est moins sapide et coûte la peau des… Et la langue de porc se prépare autrement.

langue_de_boeuf_sauce_persillee_et_legumes_4_001La langue de boeuf

Ingrédients pour 6 personnes :

  • 1 langue de boeuf (fraîche ou congelée. Si congelée, ne pas la décongeler)
  • 2 gros oignons piqués avec 2 clous de girofle chacun
  • 1 tête d’ail entière (juste enlever le plus gros des pelures de surface)
  • 1 à 2 poireaux suivant la grosseur
  • 3 à 4 branches de céleri coupées en morceaux.
  • 2 ou 3 navets suivant la grosseur
  • 2 ou 3 panais (suivant la grosseur)
  • 1 rutabaga moyen coupé en 2
  • Bouquet garni (herbes sèches : dans un coton mousseline 2 feuilles de laurier, romarin, thym et persil. T-Bear ajoute de l’estragon. Herbes fraîches : les mêmes ficelées au creux d’une FEUILLE de céleri).
  • 10 baies de genièvre
  • 10 grains de poivre
  • 6 g de sel par litre d’eau
  • 300 cl de vin rouge
  • 30 ml de condensé de bouillon de boeuf ou 1 cube

Préparation :

Pour vous permettre d’évaluer votre horaire de préparation, la cuisson de la langue prend environ 8h à 10h selon sa grosseur.

Dans une cocotte en fonte ou un faitout qui vont au four, diluez le concentré de bouillon dans le vin. Placez la langue en la couchant sur le côté (et non debout comme une godasse). Disposez autour les oignons parés, le bouquet garni, les baies de genièvre, les grains de poivre et la tête d’ail et recouvrez de 2 centimètres (1 pouce ¾) d’eau en calculant le sel en proportion (6g par litre). Recouvrez et mettez au four à 160°c pendant une bonne heure. Baissez ensuite à 100° pendant 4 heures. Sortez la langue, enlevez la grosse peau qui doit venir facilement, remettez là dans son contenant et rajoutez les légumes puis re-enfournez à même basse température pendant 3 autres heures ou jusqu’à ce qu’une fourchette s’enfonce suavement dans la viande.

La langue se sert coupée en tranches d’environ 1cm ½ (½ pouce) d’épaisseur dans la partie large et en 2 ou 3 morceaux dans la pointe. Là aussi, il y a les petits boutiens (ceux qui préfèrent la pointe) et les gros boutiens. T-Bear aimant tout mélange dans son assiette. T-Bear la déguste dans son bouillon avec les légumes comme un potofeu ou alors tiède avec (cliquez sur le lien suivant pour la recette) une sauce verte avec une bonne salade de roquette (ou d’endives ou les 2) pomme et noix. MMMMHHHH ! Miam miam slurp ! Les sceptiques seront confondus.

N’oubliez pas de jeter un clin d’oeil aux insolences d’un T-Bear libre au pays de la poutine en cliquant sur le logo ci-contre aujourd’hui : l’intervention canadienne contre l’EI.

 

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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2 commentaires pour Slurp ! Miam miam : pour le meilleur et pour le pire

  1. Oh quelle belle langue et en plus je suis sûre qu’elle n’a pas menti !
    C’est vrai que toute jeune, je n’aimais point. A la maison, nous étions plutôt viande rouge bien saignante, et je suis toujours fan de viande bleue ou … crue ! un tartare me ravit, rien que d’y penser … Et puis en prenant de l’âge, j’ai cuisiné pot au feu, poule au pot et langue de boeuf sauce piquante : miam miam, n’étant que deux nous en avions pour un certain moment ! et maintenant … que je suis seule, je cuisine très peu et la langue, je l’achète toute faite, elle est bonne mais certainement moins que la vôtre avec sa sauce verte. Tiens, la couleur verte de la sauce me fait penser à la relish que je n’ai pas du tout aimée …
    Bonne digestion et bon après-midi avec meilleur temps qu’hier pour ne pas faire floc, floc, ploc, ploc et attraper un gros « rhube ».

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  2. tbearbourges dit :

    Aï la relish ! Yerk ! Moi aussi, je n’ai jamais pu avaler. Itou pour le ketchup. Trop français malgré mes 45 ans au Québec. Il fait frais, venteux mais beau pour toute la fin de semaine qui est celle de l’action de grâce. Hécatombe de dindes. Je vais surement en manger dans la belle-famille de mon fils. Bon samedi pour vous.

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