Et la MORT partit en vacance… (partie 3)

(suite de la partie 2)

À l’instant où la MORT partit jouer avec ses synonymes, elle cessa son service partout et pour tous en même temps sur la planète. Trop tard pour ceux qui venaient de mourir à la seconde près. Mais à la seconde près, le moratoire sur la mortalité toucha tous les êtres vivants en même temps, quels qu’en soient le règne, l’espèce ou la race.

Réincarnation - Nicklauus Manuel

Réincarnation – Nicklauus Manuel

Le principe même de toute existence est MANGE ou SOIS MANGÉ. Même les plus puissants et les plus intelligents finissent par se faire dévorer par les bactéries (y compris celles-ci entre elles) ou par les flammes. D’où l’impérative nécessité de PROCRÉER pour remplacer ce qui a été MANGÉ. Entre les 2, la VIE consiste à éviter de nourrir autrui afin d’accomplir le plus longtemps possible son devoir de croître et de multiplier. Dans ce fondement même de l’existence, LA MORT joue donc un rôle INDISPENSABLE. Comment allait-on pouvoir VIVRE sans ELLE ?

La réaction chez les végétaux fut la plus lente, comme de bien entendu, même pour les arbres qu’on était en train d’abattre. Dans le monde animal, comme les herbivores ne tuent pas en broutant, ils ne se rendirent pas compte tout de suite du changement. Sauf ceux qui étaient en train de se faire avaler par les carnivores, bien entendu. Même réduits en bouillie par la mastication, leurs morceaux continuèrent à se débattre dans l’estomac du carnassier. Vous pouvez imaginer leur surprise et leur désarroi complet d’entendre beugler ou braire leur estomac. On peut les comprendre.

Quand aux humains, trop dépendants de leur technologie, ils ne purent réaliser tout de suite l’énormité de ce qui arrivait, car tout le réseau Internet venait de flancher partout au même moment. Par recoupement, voici à peu près ce qui arriva.

Peinture de Lovis Corinth

Imaginez un peu la tête des pêcheurs quand ils s’aperçurent  que à bord des bateaux, les poissons continuaient à survivre une éternité après qu’ils eussent été pêchés. Tous les abattoirs du monde connurent des moments horrifiants, car non seulement les sacrifiés ne moururent pas, mais ils refusèrent obstinément d’être transformés en aliments. Un esprit de vengeance les animèrent, décuplé par la volonté de survivre. On vit des poulets égorgés se ruer sur leurs sacrificateurs pour leur percer les yeux avant de s’envoler en perdant leur sang. Les cochons mordirent, les boeufs encornèrent… bref ce fut une atroce boucherie des tueurs, équarrisseurs et autres. Horreur d’autant plus grande qu’eux-même ne pouvaient être tués malgré leurs blessures mortelles.

Ce fut la stupéfaction et la terreur la plus complète quand bourreaux et spectateurs virent le premier condamné à mort se redresser et les invectiver malgré les injections massives et répétées de létal. Quelle ne fut pas la stupéfaction des forces de répression  quand les opposants aux régimes totalitaires fauchés par la mitraille se relevèrent pour continuer leur combat. Ahurissement des tueurs à gage ou des psychopathes en voyant leurs victimes sanguinolentes ressusciter pour les défier. Les Kamikaze n’arrivaient plus à se faire sauter, les fanatiques à décapiter et les frappes aériennes à détruire.

La pire abomination se révéla avec l’immortalité des virus, microbes et bactéries que plus aucun anticorps et produit ne pouvait détruire. Les malades ne guérirent plus et les mourants n’arrivèrent plus à mourir. Avec l’afflux de blessés provoqué par la révolte des animaux et des humains, les hôpitaux furent d’autant plus vite débordés qu’ils l’étaient déjà en temps normal et que tous les appareils s’étaient éteints d’un seul coup. Ce furent les hurlements de douleur qui firent comprendre qu’il se passait quelque chose d’anormal et d’effrayant.

panneLa vraie panique qui secoua alors l’humanité fut provoquée par la disparition de toute communication à travers la planète. Elle frappa bien plus que par la disparition de toute mortalité et de ses conséquences catastrophiques. Incapables de recevoir des nouvelles de l’extérieur, les individus étaient accablés par le silence. Toute transmission de données s’était effacée d’un seul coup sur tous les écrans, de toutes les machines en même temps. GPS, Internet, radars, satellites, plus rien ne fonctionnait tant dans l’espace qu’à la surface que dans les profondeurs. Plus aucune centrale ni turbine ne purent produire ni fournir l’énergie vitale. Plus de guichets, plus de caisses, plus rien. Arrêt brutal et total pour tout et partout en même temps. Indescriptible chaos… sauf pour les aborigènes des très rares forêts vierges, ça va de soi.

Imaginez la tête des conducteurs de bateau, d’avion, de camion, de voiture qui ne se dirigeaient plus qu’à l’aide de la technologie, GPS ou conduite automatique sans chauffeur. Complètement perdus devant le vide soudain de leurs appareils. Détournement des satellites de leurs orbites et carambolages monstres. Perdition des stations spatiales. Sur terre, naufrages, crash, accidents, ce fut dans l’espace, dans l’air, sur terre, dans l’eau partout le cataclysme. D’autant plus que les noyés, les crashés, les accidentés de toutes sortes ne pouvaient plus périr bien qu’ils fussent dans le vide spatial, immergés, carbonisés, déchiquetés.

boucEmissaireHeureusement, le manque de contact évita un affolement généralisé. Toutes sortes d’hypothèses furent localement émises. Toutes sortes de responsables furent montrés du doigt. Il fallut trouver des bouc-émissaires et, chacun accusant l’autre, il y eut des saccages, des lynchages, des assassinats, des massacres. Mais comme de bien entendu, ils furent inutiles puisque personne ne pouvait mourir, mais ils ne le savaient pas encore. Et ce cauchemar dura 40 jours humains, 40 jours de désert dans les communications parce que Super Papa s’était trompé d’un zéro dans la nano seconde prévue à l’origine dans la concordance avec son temps.

1776389531Et puis, d’un seul coup, le miracle ! Sans que personne ne puisse expliquer ni pourquoi ni comment, ce qui restait de satellites reprit sa trajectoire, les GPS leurs fonctions et une image apparut en même temps sur tous les écrans, les tablettes, les téléphones portables, les montres et les lunettes intelligentes. En une seconde humaine, le réseau se remit à fonctionner provoquant encore des accidents mais surtout une joie sans borne. Oubliées les horreurs, tout allait recommencer comme avant. TOUT ?

(suite au prochain épisode)

En attendant, la vie continue et c’est aujourd’hui 4 mars l’anniversaire du fils aîné de T-Bear : Frédéric dit Fred 48 ans.

BON ANNIVERSAIRE FRED !!!

N’oubliez pas de jeter un clin d’oeil aux insolences d’un T-Bear libre au pays de la poutine en cliquant sur le logo ci-contre 

aujourd’hui : Visite de Couillard à Charlie Hebdo.

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
Cet article a été publié dans CONTES FAFERLUS, Et la MORT partit en vacance. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Et la MORT partit en vacance… (partie 3)

  1. Qui eut pu croire que le départ de la Mort en vacances provoqua un tel charivari ? Vite qu’elle finisse de se prélasser.
    Eh bien si chez vous ça se réchauffe, chez nous, c’est bien frais le matin mais monsieur le soleil daigne travailler et réchauffer l’atmosphère, pas trop : un 10° mais un gentil ptit vent soufflait et tintin pour les 10°.
    Et oui, ça grandit, ces petits ! ma fille fêtera ses 49 ans en septembre … ça ne me rajeunit pas.
    Bon après-midi, ptête une bonne promenade ? il faut profiter si le temps le permet naturellement.

    J'aime

  2. tbearbourges dit :

    merci à vous aussi… ou plutôt bonne soirée.
    Il y a eu une bonne chute de neige cette nuit et ce matin un soleil radieux avec un thermomètre à +1 !!! Voui voui voui… Mais malheureusement un fort vent qui, comme vous le dites, tintin du réchauffement. Mais bon.
    Bon jeudi

    J'aime

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s