L’idiot du village : les pis démis des poulettes

secouer le coquetier

secouer le coquetier

À cause qu’à la rève, les mineux y chantions « du passé faisions table grasse », que le conseil d’admission d’la mine y zavions secoué le coquetier comme y dit Gaston, pi qu’y en a tombé à la traite antipissé leu vieux ingénieux d’avant la rève. Y zont faite vini des jeunes ingénieux en place cause qu’y allions ouvri un nouveau puit qu’y a pas d’eau dedans mais du minaret à la place comme les aut’ d’la mine ma qui filons riche. Que j »avions pas ben ben compris mais c’est quoi y m’a s’pliqué le Gaston. Que les jeunes ingénieux sont ménagés dans les maisons de sévice des vieux ingénieux dans le village d’en haut, çuilà des patrons. Y sont viendre ave leu femme et leu minots. Et, d’y dire Gaston, les nouvelles ingénieuses zont amené dans leu beaux gages les pis démis dans l’village. Cause qu’a venions d’la gran ville plètement dématurées comme y dire m’sieur l’curé qu’avions sonné la cloche d’alarme ma qu’j’avions rien tendu. P’t’ête qu’aurait dû sonner l’tocsin en place. Y disions à son saumon de dimanche qu’les vraies de vraies femmes qu’a colique z’avaient ien à faire avec ces mauvaises femmes con ta minet pa le peau grès. Faut y dire qu’après la rève tout le monde y avait la tête à Yeure sans zoreille pour couter. Abord, on a pas ben vu les pis demis qui s’en venait, à cause que ça s’passait dans le village d’en haut çuilà des ingénieux et que ceusses d’en haut et nous autes d’en bas, on s’étions jamais mêlé ben ben. c2b7e361e8e3c70fÀ commencer, les nouvelles femmes zont fait pareil à celle là d’avant, on n’en voyons pas le bout du nez. Zétions ben trop cupé pou faire pu belles leu maisons de sévice. Qu’les mineux chat pentier y ont fait tout plein de travail au postérieur des maisons et en dedans pendant leu zeures pas d’travail à la mine. Pi des ouvriers on a jamais vu au village y sont venus d’la ville pou mettte tout beau en dedans. C’t’après qu’les chantiers d’en haut zont fini qu’les ingénieuses y ont commencé descendu en groupe en bas chez nous autes pou couri su la route comme des folles à matin pi soir, comme si avaient le iable au cul.

joggingPt’ète ben qu’avaient pareil le iable au cul cause qu’a couraient quasi tout nu en pt’te culotte même s’y fat froid rien que pou y lui montrer leu cul au iable. Que c’est le Jeannot le premier qui les a nommé « les poulettes » vu leus bras pliés chaque côté pareil les ailes des poules quand courire et qu’à jacassaient pareil les cocotes ent’eux autes. Et les mineux y zont pris la bite rude à s’arranger matin pi soir comme les oignons su l’bord la route pour y voir tortiller leu fesses. Qu’leu femmes aux mineux ça les mettaient ben ben en rage de voye leus hommes faire la queue pou ça. Et là les pis a démis le village d’en bas itou. Itou les mineuses y zont commencé à vouloi couri en pt’tite culotte pou adveni maig comme les femmes des villes, ma qu’ça a faite pas pareil à leu hommes vu qu’y connaissaient déjà leu derrière à toutes, même aux pu vieilles. Avant les pis démis, toute les femmes y achetaient leu robe au marché du samedi au village. Toutes presque pareilles, juste la couleu qui changeait et du noir pou les vieilles. clip_image002_thumb1Maintenant, veulent toutes des vêtures comme les ingénieuses d’en haut qu’y achètent en ville et que ça coûte la peau des fesses comme y disent leus hommes qui doivent travailler en dessous pusse qu’avant pou y payer toutes ces folleries. Le Gaston y m’a dit que c’était ça le peau grès. Qu’la finasse des banques y avions éventer le cridit pou fai dépenser pusse le monde et deveni riche à eux, qu’y zavions poussé les femmes au peau grès vu que c’étions les femmes qui poussions les hommes pou les fai avancer à travailler pusse pou gagner pusse. A appelé ça un siècle vicieux. J’ai pas ben ben compris c’qu’y a dit. Moi j’comprends pas trop des fois c’qu’y dit pareil. Pi les ingénieuses avions faite venu d’la ville an coiffeuse commencement pou elles autes à leu belles maisons 2 jous semaines pou y leu faire de belles peignures avec des couleu dedans qu’c’est pas naturel. reconstitution-dun-vieux-salon-de-coiffure-t13018Les femmes d’en bas a soyons venus jalouses vu leu hommes y aimaient ben ça les garder couri cheveux couleurés au vent. Avant, les femmes d’ici a portaient toujou un fou-lard su tête quand a sortaient pou pas qu’le vent y s’emmêlent dans leu peignure. Ça faisait itou qu’on voye pas si a ben peignée ou les cheveux emmêlés, si y sont blanc ou jaune ou nouaire, juste dans l’intmidé on peut  y vouaire. C’est comme nous les hommes, on sort jamais sans casquettes ou le béret vu qu’y en a qu’on rirait la tronche vu qu’ont pu d’poil su’l caillou ma qu’avec l’chapeau ça s’voit pas. Cause les ingénieuse d’en haut y on dit en runion à celles d’en bas qu’l’abération d’la femme a passait par pas d’fou-lard. Un soir, toutes les femmes en haut et en bas et même les vieilles zont jeté leu fou-lard dans l’feu que ça chantait et tapait des mains pi qu’les hommes y rgardaient pou voir s’y s’mettrait à de vrai toutes nues. Mais y ont pas faite ça. M’sieur l’curé y s’est fâché ben nouaire de colère le dimanche d’après à l’église, mais y avait pu qu’moi et quéqu’vieilles pour y entendre son saumon. Y a juste les femmes de la Girie qu’à gardions leu foulard sur tête. Que ça colérait ben gros les poulettes d’en haut qui voulaient l’aberration de toutes le femmes pareil itou les de la Girie. Les pas de la Gérie d’en bas zont laissé leu cheveux à l’air comme les d’en haut mais avions besoin d’coiffeuse pour se faire de belles peignures. Çt’alo qu’la coiffeuse a remplacé l’chacutier vu qu’le chacutier  y avions fermé cause du supermarché quand y a ouvert. Et toutes les femmes d’en bas y sont venues à la coiffeuse pou s’y faire décoiffer maintenant qu’avaient pu de fou-lard pou abriter leu cheveux. mamievioletÇa y a fait que d’un coup toutes les femmes y ont pu aimé leu couleu de cheveux et y ont toutes voulu changer leur nature pou d’autes couleu. Qui fait que même les vieilles a sont pu blanche ou grises comme avant. Z’ont les cheveux rouges ou bleu ou rose à ç’t’heure que c’est ben ben laite, ma se trouvent belles. A preuve qu’a zont perdu le goût depuis les pis démis. Les pis démis a même ravagé leu museau qu’a pris du maquis. A zont toutes voulu du maquis comme les ingénieuses d’en haut pou couleurer leu visage pareil. Y a an boutique de maquis  qu’a pris place du boucher cause qu’y a fermé cause itou le supermarché. J’préférais les femmes avant. À ç’theure quand tu leu fait un bisou, ça goûte pas bon et ça étions tout beurré à ta bouche. En pusse que leu mari y les eugarde pas pusse. C’est les ingénieuse qui y font veni pareil la bave aux hommes d’en bas et monter leu outil. Et les ingénieuses en retour y aiment don ben ça s’faire guigner le cul pa les hommes d’en bas. Ma ça fait pu un pli su différence des jeunes femmes d’en bas vu que les ingénieux d’en haut, à leu tour y bavent devant les poulettes d’en bas. Ma comme tout ce peau grès y coûte la peau des fesses, les femmes y soyons aussi descendues à mine itou mais pas avec la paye des gars, à ç’t’heure qu’a ouvri le nouveau puit et qu’avions besoin d’monde. femmes mineuresC’qui fait qu’ y avions pu d’fou-lard su tête mais un casque de mineux que tu savions pu au sorti d’la mine si c’est un gars ou une minette. De plus en venant du travail faut qu’à fasse à manger, pusse le manage et pusse les minots quand retour la garderie, pusse a comme avant le mari qui retourne à maison ben saoul du bistrot quand les minots y faisions dodo. Ou elle est l’abération des femmes ? Zont pu l’temps d’prendre du bon temps. Tant que moi, j’su perdu ma fonction d’bouillotte cause que les femmes zont pu l’temps. Et zont pu l’temps itou d’m’nourri à c’t’heure que j’leur sert pu. Y a juste queuq’fois les hommes de la Girie qui m’donions du manger à cause que leu ligion y leu dit d’y donner à manger aux idiots comme moi. Ma J’a obligé retourner au berge pareil que quand la rève. j’y attends à les pis démis y finisse comme l’aut’fois. Mais Gaston y m’dit que ces pis démis là du peau grès une fois que ça prenions racine, jamais ça finir car y a pas de médecine pour, vu que c’est dans les cerveau. Vu que moi j’en ai pas, j’pouvions pas ête con ta minet.

pou la finasse a gagne pusse

pou la finasse a gagne pusse

À plus qu’y m’dit le Gaston, cause le cridit, y sont venu maintenant et-qui-s’lave d’la finasse des banques qui fait travailler pusse les femmes et les hommes pou la finasse a gagne pusse. Que même s’y s’voyent pu riche y tombe pu en pu pauv qu’avant. Et que ça aussi c’est un siècle vicieux. Y a des fois ou j’ y comprends pas c’qu’y dit au Gaston mais ça doit ête ben songé vu qu’y est jour-à-lisse et moi l’idiot du village. Mais moi avec les pis démis des futés qu’est pas soignable, j’ai pu personne à bouillotter ni qui m’bouillotte… Juste Monchien qui s’fait vieux et moi itou. J’y faisions appel au peuple comme y dit Gaston que si quequ’minette en manque elle écoute a mission à Gaston a veut que j’soye sa bouillotte j’quitterai ce village qu’est devenu un village de malade pou y faire son idiot tout à elle seule et ben ben la bouillotter comme elle veut. J’suis un « pro » comme y dit le Gaston.

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A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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2 commentaires pour L’idiot du village : les pis démis des poulettes

  1. Ah le progrès, mon bon monsieur, ça bouleverse toute une vie ! Je prends toujours plaisir à suivre votre histoire.
    Journée mi figue-mi raisin, orageuse, ce soir.
    Bon après-midi printanier

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  2. tbearbourges dit :

    Hélas ! Il pleut « à boire deboute » comme on dit « icite ». Mais il en faut et ça me permet de terminer mes 2 derniers épisodes de l’idiot du village.
    Bonne soirée et bonne nuit

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