La ruée vers le rêve

D’un seul élan, d’un seul souffle, T-Bear vient de terminer de lire la trilogie écrite par Mylène Gilbert-Dumas : Lili Klondike. lili310

Histoire de deux jeunes Québécoises entraînées dans le tourbillon dément de la ruée vers l’or. Encore mineures (pas d’or), elles veulent échapper à tout prix à leur destin, le servage d’épouse sans amour, d’enfantement à la chaîne, imposés par la famille et le diktat d’une église catholique sans pitié pour les femmes.

Au Québec et jusqu'aux années 50, les curés obligeaient les femmes à pondre chaque année un enfant sous peine de se faire "sermonner" en public pendant la messe du dimanche. Une famille d'une douzaine d'enfants était normale à l'époque et sans compter ceux qui mourraient en bas âge.

Au Québec et jusqu’aux années 50, les curés obligeaient les femmes à pondre chaque année un enfant sous peine de se faire « sermonner » en public pendant la messe du dimanche. Une famille d’une douzaine d’enfants était normale à l’époque et sans compter ceux qui mourraient en bas âge.

Et elles fuient cette fatalité en sautant sur la première occasion qui se présente. Ni l’une ni l’autre ne se connaît. Seul point commun entre elles, elles savent et aiment cuisiner et c’est ce qui les sauvera de la prostitution, l’autre destin inéluctable des femmes seules dans l’impitoyable société masculine de la fin du XIXe siècle. 

carte des ports de débarquement en Alaska pour rejoindre le Klondike par les passes et descendre par la rivière jusqu'à Dawson.

carte des ports de débarquement en Alaska pour rejoindre le Klondike par les passes et descendre par la rivière jusqu’à Dawson.

Elles se dirigent par hasard vers le nouvel Eldorado sans avoir vraiment conscience de l’enfer sur Terre qui les attend.

Le port de Skagway (nom indien Tilgit) en Alaska où débarquaient les milliers de futurs prospecteurs amenés par bateaux de fortune, un peu comme les réfugiés de nos jours

Le port de Skagway (nom indien Tilgit) en Alaska où débarquaient les milliers de futurs prospecteurs amenés par bateaux de fortune, un peu comme les réfugiés de nos jours

Elles ont pris séparément les 2 uniques routes qui menaient alors des rivages de l’Alaska américain au confluent des rivières Klondike et Yukon au Canada où quelques aventuriers venaient de trouver de l’or en masse.

 Skagway en Alaska. Ville de boue et de crime menée par un tyran criminel autoproclamé maire de la ville

Skagway en Alaska. Ville de boue et de crime menée par un tyran criminel autoproclamé maire de la ville

Il n’y avait à l’époque ni train ni vraie route ni avion pour arriver à Dawson, la ville de tentes et de cabanes de tous leurs mirages.

Montée en file indienne jusqu'au sommet de la White Pass pour arriver au Canada, passer la douane au risque d'être refoulé si les Monties, les policiers de gendarmerie royale, décidaient que l'équipement n'était pas suffisant pour survivre 1 année.

Montée en file indienne jusqu’au sommet de la White Pass pour arriver au Canada, passer la douane au risque d’être refoulé si les « Monties », les policiers de gendarmerie royale, décidaient que l’équipement n’était pas suffisant pour survivre 1 année.

Il fallait monter à pied en va et vient incessant, par étape, la tonne d’équipement pour survivre 1 an que la Police Montée du Canada exigeait pour les laisser les prospecteurs traverser la frontière.

Lac Bennett dans le territoire du Yukon au Canada où les futurs prospecteurs devaient construire les embarcations qui leur permettraient d'atteindre Dawson avec leur équipement pour tenir 1 an.

Lac Bennett dans le territoire du Yukon au Canada où les futurs prospecteurs devaient construire les embarcations qui leur permettraient d’atteindre Dawson avec leur équipement pour tenir 1 an.

Ensuite, arrivé au lac Bennett, il fallait fabriquer des embarcations pour descendre de décharges en rapides le Yukon qui mènerait les survivants vers les gisements aurifères de leurs rêves.

Pas de radio ou d'internet pour leur donner la météo

Pas de radio ou d’internet pour leur donner la météo

Pas d’internet ni de vidéos non plus pour leur montrer la nuit boréale en hiver par -40°C de moyenne ou l’insomnie d’un jour de 24h en été, pire que l’hiver à cause de la voracité des moustiques.

Transport à dos d'homme de l'équipement jusqu'au sommet de la White Pass et il fallait faire au moins 3 voyages aller retour à partir de Skagway pour monter tout l'équipement imposé avec juste raison par les Monties du Canada

Transport à dos d’homme de l’équipement jusqu’au sommet de la White Pass et il fallait faire au moins 3 voyages aller retour à partir de Skagway pour monter tout l’équipement imposé avec juste raison par les Monties du Canada

Un enfer auprès duquel n’est qu’une rigolade ce que T-Bear a vécu dans la décennie 1970 à la Baie James.

Dawson City. Un village de tentes et de cabanes où s'entassèrent plusieurs milliers de chercheurs d'or sans égout, sans installation sanitaire, sans autre eau que la neige ou celle de la rivière et bien entendu sans électricité.

Dawson City. Un village de tentes et de cabanes où s’entassèrent plusieurs milliers de chercheurs d’or sans égout, sans installation sanitaire, sans autre eau que la neige ou celle de la rivière et bien entendu sans électricité.

Pourtant, mêmes tentes, mêmes bécosses, même inconfort, même crasse, même puanteur. Mais pas de repas à préparer. Des hélicoptères pour nous évacuer en cas de besoin. Une radio pour communiquer avec le premier point de civilisation à près de 800 km du campement. Le luxe, quoi.

Les chiens n'étaient pas tous des huskies ni des malamuts.

Les chiens n’étaient pas tous des huskies ni des malamuts.

Il faut lire cette trilogie à peine romancée (point n’est besoin tant la réalité dépasse l’imagination) pour se rendre compte dans notre quotidien douillet à quel point le rêve domptant la peur peut donner des ailes. 5763320C’est lui qui permet à l’être humain de surpasser son animalité pour traverser les océans à la recherche des terres inconnue, pour voler lui qui n’a pas d’aile, pour marcher sur la lune ou pour conquérir l’espace. Pour le meilleur mais hélas aussi pour le pire.Bombe

N’oubliez pas de jeter un clin d’oeil aux insolences d’un T-Bear libre au pays de la poutine en cliquant sur le logo ci-contre 

aujourd’hui: né sous zone de guerre.

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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