Sacrés Québécois

La lectrice assidue Française à T-Bear lui a demandé la signification du mot « astie » qu’il avait employé dans un de ses récents billets. Les Québécois sont bien connus pour sacrer en lieu et place d’exprimer leur mécontentement par des gros mots ou des jurons comme partout ailleurs dans la francophonie et même dans le reste du monde. sacre-quebecoisAlors, il y en a qui ont ratiociné sur les origines de cette coutume tenace. certains rejettent la faute sur les protestants qui furent nombreux aux débuts de la colonisation de la Nouvelle France, avant que la révocation de l’Édit de Nantes ne les jette dans les bras des Anglais puis des Américains. édit de NantesIls se seraient ainsi moqué des objets de culte uniquement utilisés par les Catholiques pour communier. Mais alors, pourquoi de bons Catholiques purs et durs auraient-ils repris à leur compte jusqu’à l’assimiler les sarcasmes de leurs pires ennemis devant Dieu ? Il semble que cette coutume soit née après la révolte de 1837 provoquée par les têtes à Papineau, des intellectuels libres penseurs. v2_c5_s12_ss01_01Vainqueurs et rancuniers, ces diables d’Anglais négocièrent un pacte de paix durable contre l’appropriation des âmes  québécoises par un clergé catholique intégriste dictatorial digne des actuels Salafistes. Sauf que les curés ne coupaient pas les têtes. Comme les Jivaros, ils se contentaient de les réduire à la simple conception binaire de la peur du diable et du (bon) Dieu. Ce qui était quand-même plus malin et surtout plus durable. eglise-quebec12b (1)Alors, les Québécois auraient repris à leur compte les railleries des protestants disparus en guise de révolte contre la dictature cléricale. Évidemment, sacrer est déclaré sacrilège par l’église et même parfois pire : blasphématoire. Les Québécois essayèrent donc d’échapper à l’enfer assuré en déformant les sacres. thumb_640Le plus usuel et connu est « tabarnak » pour tabernacle. Il a largement dépassé les frontières grâce aux « snow birds » (expression US désignant les vacanciers ou retraités Québécois voulant échapper au « frette »). À tel point que les Mexicains appellent les Québécois « los tabarnacos ». 2016-02-20-22-largejpgT-Bear pense qu’en réalité cette finasserie n’est pas dirigée contre le clergé qui était d’autant moins dupe, que certains ne pouvaient s’empêcher d’en user quand la Providence se trompait de cible pour les atteindre dans leur dignité. Non, non, c’était bien le « Yable » qu’on voulait tromper. Un démon, possède la méchanceté à la place d’esprit, c’est bien connu. 211110_232524_PEEL_Cu2pcxAlors quand un Québécois commence à sacrer en s’exclamant « tabarn… », Satan tend son oreille pointue en fouettant avec sa queue l’air soufré et se pourlèche les babouines à l’anticipation du bon BBQ qu’il va faire du pêcheur, ceci avec la bénédiction du (Bon) Dieu. Et puis ne voilà-t-il pas que ce rusé de Québécois, au lieu de compléter le sacre par « acle », achève son mot par ‘ak » ou « ouch » ou « ouette ». Encore raté ! « Sacramin » (sacrement) ! Et le diable bien déçu repart la queue entre les jambes. diable-fâché-de-bande-dessinée-51211932C’est comme ça que hostie devint « astie » ou « esti », calice se transforma en « côlice » et ciboire en « cibouère » etc. Sans compter que Christ se traduit en « crisse ». Alors quand un Québécois est très fâché, mais alors là très très fâché, ça donne : tabarnak de crisse d’astie de côlice de cibouère. On comprend qu’un pauvre diable n’y comprenne que dalle. 

N’oubliez pas de jeter un clin d’oeil aux insolences d’un T-Bear libre au pays de la poutine en cliquant sur le logo ci-contre 

aujourd’hui: frais annexes.

 

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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