propagande et diffamation

T-Bear vous parlait hier de l’intelligence remarquable de cette cervelle d’oiseau du corbeau pourtant dénuée du néo cortex des primates et des humains. Alors pourquoi Jean de La Fontaine, le fabuleux fabuliste, fait-il du corbeau un être pas bien bien futé dans sa fable « le corbeau et le renard » ? Et pourquoi le renard au contraire garde-t-il une réputation tout à fait surfaite de ruse alors que son quotient intellectuel reste dans la moyenne des canidés ? T-Bear intrigué est allé butiner Internet, comme d’habitude. Voici ce qu’a donné son enquête.

Le corbeau et le renard - illustration de Dlie

Le corbeau et le renard – illustration de Dlie

Dans la genèse de la langue française et pendant plus de mille ans, ce fauve mange volaille s’est appelé « goupil » dérivé du latin vulpiculus. Renart (devenu renard), n’était seulement qu’un prénom masculin usuel dérivé du germanique Reinhart. Ce prénom fut attribué à un goupil devenu le héros d’une série de fables rassemblées au XIIIe siècle sous le nom de roman de Renart. Ces satyres poétiques qu’on se passait sous le manteau avaient pour personnages des animaux. Troubadours et ménestrels, les fesse-bouc de l’époque,  diffusèrent avec un succès croissant cette satyre occulte de la brutalité des seigneurs féodaux qui écrasaient par la force le peuple et surtout la bourgeoisie naissante. le personnage Renart représentant les bourgeois ne pouvait vaincre la force armée QUE par l’intelligence et la ruse.  roman de renard filmeDans le roman, la victoire de Renart le goupil se veut celle anticipée de la bourgeoisie, intermédiaire entre les petit et les grands. C’est pourquoi elle va exalter Renart, le prénom du héros, pour lui faire très rapidement USURPER le nom trop commun de Goupil afin qu’il pénètre dans la mémoire en l’accréditant du même coup d’une intelligence exagérée. Et voilà d’où et pourquoi est né le mythe. 

cliquer pour agrandir et lire la fable

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500 ans plus tard, à l’époque de La Fontaine, la bourgeoisie n’était plus la victime d’un féodalisme décadent mais celle d’un clergé rapace et arrogant. Et c’est pour la même raison politique que fut diffamé notre corbeau. Depuis que les prêtres et les bigots s’habillaient en noir, le « bon » peuple avait pris l’habitude de les appeler « les corbeaux » derrière leur dos. Le génie de Jean de La Fontaine fut de réunir ces deux animaux dans sa fable pour en faire les symboles voilés de la lutte du moment. Le héros de la bourgeoisie, le renard futé se moque de la voracité et de la vanité du clérical corbeau.

Les corbeaux sont au pouviir

Les corbeaux sont au pouvoir

Comme pour le Roman de Renart, c’est pour son sens occulte que cette fable est devenue si populaire. Mais pourquoi le reste-elle encore alors que la symbolique a perdu tout son sens aujourd’hui ?  Peut-être à cause du proverbe qui conclue cette fable et qui reste une vérité immortelle : TOUT FLATTEUR VIT AU DÉPEND DE CEUX QUI L’ÉCOUTENT

N’oubliez pas de jeter un clin d’oeil aux insolences d’un T-Bear libre au pays de la poutine en cliquant sur le logo ci-contre  aujourd’hui : tout flatteur vit au dépend de ceux qui l’écoutent.      

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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