Le retour du futur

Vacances  ? Vacances pas comme les autres cette année. Avec cette impalpable terreur qui frappe à l’aveuglette partout dans notre monde, qui peut jouir encore de la sérénité vacancière ? ImpressionIl y a 76 ans, c’était aussi pendant les mois des vacances, quelque temps après la naissance de T-Bear. La cohue se bousculait aussi dans des embouteillages monstres sur les routes du sud de la France comme l’année précédente. Mais ce n’était pas pour profiter des nouveaux congés payés. Les troupes nazies avaient envahi la France… exode-2Pendant les 5 premières années de sa vie, T-Bear fut bercé par la peur de ses parents, fut témoin involontaire de morts violentes, connut la bousculade des bombardements, ressentit la disette et vécut les exactions de l’après guerre. Son adolescence a été marquée par la hantise et la préparation de la 3e guerre mondiale et du cataclysme atomique. Le service militaire était obligatoire, la conscription à partir de 19 ans. La guerre coloniale a rattrapé le conscrit T-Bear et il y a survécu… COMBI-PEACE-AND-LOVECOMBI4Et puis La guerre froide a tiédi ouvrant la porte aux décennies « peace and love ».  C’était le début d’un temps nouveau où la robotisation allait remplacer l’esclavage du travail nourricier… Où une plus juste répartition de la richesse engendrée par les progrès techniques ouvrait l’ère de la société des loisirs… où la contraception permettait aux femmes de choisir librement… Où la médecine cherchait à éterniser la vie… Où en final, comme l’accent sur le verbe espérer, l’effondrement de l’URSS invitait à la paix mondiale avec la disparition de la course aux armement et de sa menace nucléaire. peace-and-love-3-522559La génération à T-Bear y a tellement cru… Pauvre rêve devenu vraisemblable,  à 1 poil de grenouille de se transformer en réalité !!! Espoir réalisable qui s’est émietté en même temps que le rideau de fer et sa terrifiante menace. 10 novembre 1989, chute du mur de Berlin juste avant le début de la dernière décennie du sanglant XXe siècle, instant charnière ouvrant sur tous les possibles, sur tous les meilleurs… la-chute-du-mur-de-berlin-2Et puis, le 11 septembre 1990, dans son discours à l’État intitulé « le nouvel ordre mondial« , le Président des États-Unis  autoproclame son pays « le gardien du monde libre »… Un peu plus d’un an après la fin de la guerre froide, avec « tempête du désert » le parvenu maître du monde et ses alliés, les champions de la démocratie mais aussi de la finance ont tout fait basculer du mauvais côté  tous les espoirs de paix durable en ouvrant la boîte de Pandore au Moyen Orient pour des intérêts économiques et pétroliers… guerre du golfEt voici que dans sa vieillesse T-Bear revit le temps des tueries, des cris et des larmes dans un monde ravagé par la terreur. Frappes aériennes ou attentas meurtriers, quelle qu’en soit la cause ou le prétexte, le côté d’où il vient,  du ciel ou de la terre, le massacre d’une population civile est un crime contre l’humanité. À quoi ça sert d’avoir aboli pour les coupables la peine de mort si c’est pour l’infliger arbitrairement aux innocents ? gueule-de-bois-caroussel-6459-vignettePlus que la nausée, cette escalade à la violence donne lâchement à T-Bear l’envie ici maintenant de mourir pour ne pas voir l’inéluctable atrocité qui s’en vient. Au fond du coeur cependant il garde la ténue lueur d’espoir que le troupeau irréductiblement conduit à l’abattoir saura comme Mirza et ses moutons se débarrasser à temps de ses iniques bergers. 

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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