Les facéties de la Sainte Providence

Voici une petite histoire que T-Bear avait entendue il y a bien des années. Pourquoi a-t-elle jailli inopinément dans son cerveau à son réveil ce matin ? Mystère. En tout cas, il a décidé de la partager avec vous, arrangée à sa manière ça va de soi.

Les facéties de la Sainte Providence

Il était une fois un professeur de philosophie qui se déclarait ouvertement athée et se faisait un devoir de démontrer à ses élèves la vanité de toute croyance en l’existence d’un Dieu. Adepte du Monisme épistémologique, il expliquait que rien n’avait été créé par un quelconque démiurge mais que tout, de la particule à l’esprit, était à la fois un et tout dans un même principe universel. Ses cours étaient devenus célèbres et il faisait de plus en plus de disciples au grand dame de toutes les églises. Il se mit en tête d’étudier la résistance de l’animisme ancestral des Inuits proche du Monisme face au christianisme imposé.

Même aux confins de la civilisation occidentale à Kangiqsualujjuaq, celle-ci marque quand même son hégémonie grâce à Coca cola - photo de Marc-André Pauzé

Même aux confins de la civilisation occidentale à Kangiqsualujjuaq, celle-ci marque quand même son hégémonie grâce à Coca cola – photo de Marc-André Pauzé

Pour ceci, pendant le court été boréal, il partit les trouver tout au bout de la civilisation au village de Kangiqsualujjuaq dans le parc national Kuururjuaq  au Nunavik, Québec.  Sous prétexte de taquiner le réputé omble chevalier de la rivière Koroc, il partit un jour avec un groupe de pêcheurs inuits.

Allons à Kangiqsualujjuaq à pêcher l'omble chevalier

Allons à Kangiqsualujjuaq à pêcher l’omble chevalier

Mais devant la beauté à couper le souffle des paysages, il s’était complètement écarté, insouciant des dangers. Avec raison, il s’extasiait devant toute cette splendeur. Il écoutait avec ravissement le ruissellement des eaux sur le gravier, la surprenante floraison des plantes australe, le pépiement des oiseaux et le vent qui jouait de l’orgue dans les ravins.

La rivière Koroc - photo Robert Frechet

La rivière Koroc – photo Robert Frechet

La larme à l’oeil, il remerciait la nature et le grand principe pour tant de beauté et de bonheur… quand tout d’un coup il lui sembla entendre un grognement. Il se retourna et vit un énorme ours polaire gueule béante qui lentement mais sûrement se redressait en avançant vers lui ses énormes pattes griffues. ours gueule ouverteTétanisé par la peur notre philosophe s’écria instinctivement : AH MON DIEU !!!. Aussitôt tout fut silence et tout se figea autour de lui comme dans une bande dessinée : les oiseaux bec béant, le vent stoppé, l’eau immobilisée et l’ours arrêté dans son élan.

The Creation Of Man Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni Genesis 1

The Creation Of Man Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni Genesis 1

Un faisceau de lumière aveuglante les enveloppa et une voix immense raisonna aux oreilles du professeur

– Ai-je bien entendu ? Toi, l’athée, tu as évoqué MON nom ?

– Ah mon Dieu, mon Dieu, puisque manifestement Vous existez, je Vous en supplie faites un miracle pour me sauver et je deviendrai Votre adepte le plus zélé.

– Ah oui ? Et quel genre de miracle veux-tu que Je fasse pour toi ?

– Euh… Ah… euh ben… Tenez, transformez cet ours diabolique en bon chrétien.

– Ainsi soit-il.

Et toute vie reprit son cours. Le chant des oiseaux, le vent dans les montagnes, l’écoulement de l’eau dans la rivière… et le gros ours retomba sur notre moniste dont il ne fit que 3 bouchées…

Et c’est à ce moment là que le miracle se produisit, foi de T-Bear.

Le gros nounours sans prendre le temps de se bien lécher se redressa de toute sa hauteur, éleva en signe d’adoration ses pattes de devant, pointa avec ferveur son museau ensanglanté vers le ciel et loua  avec dévotion la Providence :

ours prière

MERCI SEIGNEUR POUR CE BON REPAS QUE VOUS M’AVEZ DONNÉ. 

N’oubliez pas de jeter un clin d’oeil aux insolences d’un T-Bear libre au pays de la poutine en cliquant sur le logo ci-contre 

aujourd’hui: un éléphant ça Trump énormément.

 

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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