Temps modernes et vieux préjugés

L’actualité et la lecture d’un paragraphe du roman « les chaussures italiennes » de Henning Mankel ont persuadé T-Bear de repousser au moins d’un jour la remise en ligne de son conte faferlu : la seconde où tout déraille.

D’abord la citation :

Dans ce chapitre, c’est une femme d’une trentaine d’année qui parle au chirurgien qui lui a coupé 12 ans auparavant par erreur à cause de l’épuisement son bras sain au lieu de l’autre infecté. Après tout ce temps, le médecin éprouve soudain le besoin de laver sa conscience en venant lui demander pardon.

Monika, une jeune femme courageuse qui a été lauréate à Miss Handicap

Monika, une jeune femme courageuse qui a été lauréate à Miss Handicap

Au lieu de la pleurnicheuse ou de la revancharde haineuse auquel il s’attend, il découvre une femme amputée certes mais forte. Elle a trouvé sa résilience en accueillant chez elle des adolescentes traumatisées, victimes de contextes sociaux et pourtant rejetées par la société. Dans cette SPA humaine qu’elle a créée, cette handicapée victime d’une erreur médicale, cherche à aider ces chiots perdus sans collier plutôt que de les euthanasier longuement en milieu carcéral pour mineurs. À ce médecin qui l’a mutilée à vie, elle explique :

 » Nous faisons tant de mal à nos enfants qu’à la fin ils n’ont plus d’autre moyen d’expression que la violence. Dans le temps c’était réservé aux garçons. Aujourd’hui nous avons des gangs de filles qui n’hésitent pas à employer des méthodes qui font vraiment froid dans le dos. C’est la plus grande des défaites. Que les filles soient amenées, par désespoir, à croire que leur salut consiste à se comporter comme les pires des garçons qu’elles connaissent. »

les-chaussures-italiennes-henning-mankellCe livre a été écrit en 2006. Prémonition du jihadisme au féminin qui « éclate » au grand jour en Europe 10 ans après ? Certainement pas. Henning Mankel ne faisait à l’époque que souligner un problème existentiel qui n’a fait que se développer au cours des dernières décennies sans que la société méprisante ne s’en inquiète. Il lui a fallu l’attentat avorté de Paris pour que brusquement elle s’alarme.

Attentat de Paris septembre 2016

Attentat de Paris septembre 2016

Notre société patriarcale  gangrenée par ses préjugés ancestraux vis à vis des femmes ne leur a accordé en réalité qu’une égalité de façade. La parité n’est toujours pas réalisée ni dans les salaires ni même dans le quotidien des foyers. Bien qu’obligée de travailler comme les hommes, c’est encore et toujours sur le dos des mères que repose tout l’entretien matériel des besoins familiaux. Avec quelquefois l’aide condescendante du conjoint quand il est encore là, quand il ne s’esquive pas, quand il n’a pas abandonné ses responsabilités familiale pour retrouver SA liberté. femmes-aux-foyer-gagner-argentMalgré les apparences, la société occidentale n’a pas libéré la femme, elle l’asservit davantage en ajoutant le boulot à ses travaux ménagers. Et jusque dans la façon dont elle doit se vêtir comme le prouve la censure du burkini cet été. La femme moderne est tenue légalement de porter sur une plage le « string » minimum pour exciter les hommes. bzddsOu encore, juste là dans l’actualité de ce début de semaine, la stigmatisation d’un étourdissement dû à une pneumonie de la candidate Hilary Clinton. Personne dans les médias n’a relevé le cran, le courage et la ténacité de cette femme. Au contraire, justement parce qu’elle est une femme, on voit dans cette défaillance la preuve de la faiblesse féminine,  un handicap qui fait douter de leur capacité à gouverner. Comme si les hommes au pouvoir n’étaient jamais malade… même si ils sont souvent débiles. george-w-bush-utilise-des-jumellesAlors, comment voulez-vous que les adolescentes croient encore en un avenir quand on s’étonne même que des filles puissent se révolter ? Que leur reste-t-il pour égaler enfin les garçons sinon de se montrer PIRE qu’eux en feed-back, pour qu’on les prenne enfin au sérieux ? Hélas, les autorités et les médias vont encore comme toujours leur tomber dessus au lieu de chercher à comprendre.

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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