La seconde où tout déraille : Échec aux tours par un pion (2)

(toutes les manoeuvres de sécurité tant des pilotes d’avion que de l’armée de l’air décrites ci-dessous sont authentiques mais pas exhaustives pour ne pas lasser le lecteur. Elles font partie d’une entente internationale anti piratage dont le processus n’a rien de secret. Bien entendu dans ce conte, tous les sigles sont fictifs, inventés par T-Bear. Mais ils calquent des instances réelles du système de défense aérienne des États-Unis encore en vigueur au moment des attentats contre le World Trade Center. 

Alors qu’à date aux USA comme partout dans le reste du monde ce rigoureux processus avait TOUJOURS réussi sans faille, POURQUOI n’a t-il pas fonctionné le 11 septembre 2001 ? Se pourrait-il que juste le 11 septembre 2001, les pirates aient pu prendre les commandes de chaque avion en expulsant le pilote en titre AVANT que celui-ci ait pu effectuer le processus décrit ci-dessous. Ce qui semble étonnant et quasiment invraisemblable quand-même, c’est que les pirates aient pu procéder aussi rapidement au moins sur 3 avions sans provoquer d’alerte.

Pourtant, il y a bien eu alerte quelque part, puisque tous les avions d’interception de la région de l’Est ont bien décollé de 2 bases américaines juste AVANT les attaques, mais ont été dirigés ailleurs à cause d’une fausse alerte ??? quand ils ont reçu le contre ordre et les bonnes coordonnées, leur éloignement les a fait arriver trop tard. Quelle subtilité dans l’organisation du complot d’Al Quaïda !!!)

Un avion qui pourrait ressembler au Boum 737

Un avion qui pourrait ressembler au Boum 737

 (suite de l’épisode précédent)

Pour faire plus vrai, les organisateurs de la simulation en cours avaient ordonné au commando de kidnapper un véritable avion de ligne effectuant un vrai vol avec de vrais passagers. Bien entendu, il ne devait y avoir aucune victime parmi eux. D’après ce que les instructeurs leur avaient confirmé, le gaz que Adenine venait de vaporiser dans la cabine de pilotage n’était pas mortel, mais soporifique. Ses hommes avaient pour tâche de maîtriser le plus rapidement possible les passagers en les endormant de cette façon pour éviter toute panique à bord. Lui, le chef, devait s’occuper de contrôler avant tout la cabine de pilotage.poste-de-pilotage-16890 

Après avoir fait dévier l’avion de son plan de vol initial, Adénine avait dû s’assurer furtivement que, convaincu d’être réellement la proie de pirates de l’air, le pilote effectuait bien les deux démarches principales prévues à cette occasion. Le personnel navigant avait pour instruction d’avertir au sol que son avion était victime d’un détournement suivant ce processus de base. Le plus discrètement possible, le commandant devait éteindre le transpondeur pour déclencher automatiquement un signal d’alerte codé à quatre chiffres. D’autre part, il devait couper toute communication radio avec les tours de contrôle en attendant l’arrivée immanquable des avions de chasse envoyés à leur poursuite. Le commandant avait été parfait. Alors, le but ultime de toute la mission avait pu commencer.

Rôle du transpondeur en aéronotique

Rôle du transpondeur en aéronautique

Il consistait à tester l’efficacité de la  Protection Aérienne du Territoire (PAT).  Sitôt le transpondeur éteint et le signal déclenché, la tour de contrôle réceptrice avait dû essayer de demander des explications par radio. L’aéronef suspect ne répondant pas aux appels réitérés, la tour avait immédiatement prévenu le Centre Administratif de l’Aviation Civile (CAAC). Celui-ci avait contacté sans délai le Commandement Central Militaire National (CCMN).  À son tour, le CCMN avait alerté le Centre de Commandement aérospatiale (CCA) qui donna l’ordre à la base militaire de service la plus proche de faire décoller en catastrophe les deux chasseurs de service perpétuellement en alerte. Suivant le protocole international, ceux-ci avaient pour mission d’intercepter l’avion piraté.DF-ST-82-00483À leur vue, le commandant devait rétablir la communication, sachant que sans réponse de l’avion piraté, l’ordre était de le détruire par un tire de missile, ce qui était très rare, juste au cas où l’un des pirates se serait substitué au pilote et n’aurait donc pas rétabli la radio. Si le pilote répondait à l’ultimatum, les avions de chasse l’obligeaient à atterrir dans un endroit sécuritaire désigné par le haut commandement. les intercepteurs ne retournaient à leur base qu’une fois la panoplie de techniciens, de commandos des forces spéciales, de corps d’armée et de médiateurs déployés pour négocier la libération des passagers et de l’équipage après, si possible, la reddition des pirates ou leur destruction.

Ce jour là donc, treize minutes exactement après qu’Adénine eut constaté la fermeture par le pilote du  transpondeur, un chasseur les avait dépassé en battant des ailes. avion-de-chasse en ressourceUn deuxième avait effectué une ressource juste devant leur nez. Le pilote de l’avion détourné avait alors rallumé la radio et il servit d’intermédiaire entre Adénine et les intercepteurs jusqu’à l’atterrissage sur cette base désaffectée. Il n’appartenait pas à Adénine de juger de la rapidité de l’intervention aérienne mais elle lui sembla dans les normes. Tout paraissait bien se dérouler jusqu’à présent, sauf qu’il était étonné de voir l’interception aérienne repartir sitôt l’arrêt de l’avion sans s’assurer que les forces de sécurité et d’intervention à terre soient en mesure d’empêcher l’avion piraté de de décoller. Cela signifiait-il que l’armée les attendaient déjà ? Y avait-il donc une base à proximité ? Bizarre, mais pas impossible. On ne l’avait pas informé de ce qui l’attendait au sol. 

intercéption d'un avion détournéDu cockpit, Adénine n’avait qu’une vue très restreinte de la portion d’aéroport où ils étaient stationnés. Malgré tout il put constater qu’il n’y avait aucun mouvement, aucun signe de vie autour sur le tarmac. Il y avait bien un énorme bâtiment en béton pas bien loin en face de lui, avec des ouvertures gigantesques fermées par des portes probablement blindées où devaient se camoufler les équipes d’intervention. Ce qui était logique d’une certaine façon puisqu’ils devaient attendre l’atterrissage du deuxième avion avant d’intervenir.

En effet, pour compléter le test, un autre avion de ligne avait été piraté dans les mêmes conditions par un autre groupe appelé Thymine. Il devrait arriver sur cette même base d’une minute à l’autre. Une fois cet autre avion immobilisé et le signal  du OK donné par son collègue Thymine, Adénine devait recevoir de nouvelles instructions pour  terminer la manoeuvre à terre.

Pendant une mission, les hommes des commandos spéciaux anti piratage recevaient leurs ordres par un nouveau procédé de message en texte ou sms sur leurs téléphones portables au fur et à mesure que l’opération se développait. Un bip les avertissait de l’arrivée du message. Impossible dans ces conditions de pouvoir identifier une voix, même truquée. Prévoir leur futur immédiat aurait pu être dangereux pour leur tâche. Seule une obéissance robotique était la clef de la réussite.

impressionnant-atterrissage_6nyqr_311rw1De sa position, Adénine vit la fin de l’atterrissage de l’avion Thymine et repartir deux autres intercepteurs qui l’accompagnaient dans la même manoeuvre ascendante spectaculaire. Machinalement, il regarda son chronomètre. Deux minutes et vingt-trois secondes de retard sur l’horaire prévu. Thymine allait se faire tirer les oreilles. Comme seuls les meilleurs auraient de l’avancement, Adénine s’en réjouit même s’il ne pouvait connaître son homologue que par son nom de code.

unité de forces spéciales

unité de forces spéciales

Dans le grand organisme des forces spéciales, les commandos n’étaient que des molécules qui devaient s’ignorer entre elles et dont les composants  variaient à chaque mission en même temps que leurs noms de code et leurs maquillages pour une plus grande sécurité. Ainsi, le commando molécule ou l’un de ses composants ne pourrait jamais endommager la structure de l’organisme, même sous la torture, s’il se faisait prendre.

ussocom-soldado-fuerza-especial-estados-unidosÀ l’intérieur de l’habitacle des passagers de son avion, ses assistants avaient dû déjà ouvrir les portes de l’avion pour en évacuer le gaz, mais il devait attendre le signe de son homologue de l’autre avion avant d’aller contrôler leur travail. L’autre appareil effectua un demi-cercle pour pouvoir se placer en parallèle avec le sien. Adénine eut le temps de lire ses caractéristiques sur sa carlingue. C’était un autre Boum 737, mais de la compagnie Aerobike. Le 737 se plaça aile contre aile avec le sien. Comme les deux carlingues étaient au même niveau, même de loin, Adénine put observer  son collègue se coller à la fenêtre du pilote et lever son pouce pour montrer que tout était OK. Dans cette mission, les téléphones portables ne permettaient pas aux deux équipes de communiquer directement entre elles ni vocalement ni par texte.

Un premier acte de joué pensa Adénine et il s’applaudit de son bon déroulement. Dans quelques minutes, son cellulaire lui dicterait le prochain épisode ? L’imprévu, ah que c’était excitant ! Une giclée d’adrénaline électrifia son être.  Sa drogue. C’est elle qui l’avait poussé à s’enrôler et lui avait permis de résister à l’enfer de l’entraînement. Même s’il n’était en réalité qu’un débutant, il se sentait déjà l’âme d’un vétéran, croyant déjà tout maîtriser sans avoir encore rien vu. Avant de rejoindre son équipe et en attendant de nouveaux ordres, d’un dernier coup d’œil, Adénine balaya son champ de vision encore plus restreint depuis l’arrivée de l’autre appareil. Toujours aucun mouvement.

692809456-samsung-galaxy-explodiert-1W09Quand il ouvrit la porte qui donnait accès au  reste de l’avion, des ténèbres aveuglèrent sa rétine habituée à la lumière crue du désert à l’extérieur peu filtré par le cockpit. Contrairement aux instructions, les portes de la carlingue n’avaient pas été ouvertes. Il n’eut pas le temps de s’étonner. Le bip de son cellulaire l’avertit qu’un sms arrivait. En se retournant vers la lumière de la cabine de pilotage pour lire le message, sa main qui tenait le portable heurta le chambranle de la porte et le cellulaire lui échappa des mains pour s’envoler à distance. Il explosa littéralement dans un bruit de grenade. Il entendit l’impact des éclats, mais, miraculeusement, il ne fut pas touché. Instinctivement, il s’était jeté par terre et il avait atterri sur un corps.

Suite au prochain épisode

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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2 commentaires pour La seconde où tout déraille : Échec aux tours par un pion (2)

  1. Et quel suspens ! Toujours aussi palpitant : un bon moment avant d’aller me reposer.
    Bon mercredi après-midi

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  2. tbearbourges dit :

    Merci beaucoup, c’est gentil à vous.
    Ici, nous avons depuis mercredi un temps splendide et doux dont il nous faut profiter avant la sortie de moustiques dont les fameux maringouins du Québec.
    Bonne fête du travail à vous en France (ici c’est le 1er septembre)

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