La seconde où tout déraille : mort au pion (4)

résumé : un avion kidnappé par un commando spécial vient d’être forcé d’atterrir dans un aéroport isolé dans un désert. En réalité c’est une simulation de piratage organisée par les services de sécurité du plus puissant pays de la planète Manga pour l’entraînement de ses commandos anti-terroristes et pour vérifier la rapidité d’intervention des forces aériennes d’interception. Jusque là tout allait bien et puis tout a basculé dans un cauchemar pour Adenine, chef d’un des commandos des forces spéciales. De membre d’une unité spéciale à l’entraînement pour abattre les ennemis de son pays, voici qu’il est maintenant pourchassé par ses collègues qui le prennent pour un terroriste et ont ordre de l’abattre. D’abord  anéanti par l’horreur de sa situation, Adenine se reprend, analyse, traverse le tarmac sans problème, arrive à un abri dont la porte blindée est close. Au moment où il repart à la recherche d’une autre cachette, soudain… l’inconcevable se produit. Dans une incroyable tornade venue d’on ne sais où, les 3 avions sont pulvérisés. Grâce à l’abri où s’était réfugié Adénine, celui-ci s’en sort sans trop de mal. Mais, revenu dans son abri, la porte blindée verrouillée s’ouvre. Un vide terrifiant règne à l’intérieur. Pourtant le silence est meublé par une émission de télévision. Et là Adénine découvre le matin d’une certaine horreur… (Cliquer pour lire l’épisode précédent)

Soudain, un hurlement d’horreur derrière lui : « Oh mon Dieu ! Oh mon Dieu ! »

Il se retourne en s’accroupissant, dispersant autour de lui le reste de Persil coda. Merde ! Ce n’est que la télé. Un filme d’horreur ? Non, Canal Nouvelles : l’horreur aux actualités ? Il voit les deux tours du TCM en feu.explosion des 2 tours« Ah mon Dieu !» Cette fois-ci, c’est lui qui lâche l’exclamation. Machinalement, il reporte la bouteille à ses lèvres tout en continuant à regarder les deux tours en flamme. Vide ! Il tète les dernières gouttes. Soudain, il prend conscience de la voix hystérique du commentateur. « Oh mon Dieu ! Mon Dieu ! L’une des tours est en train de s’effondrer ! Ah, l’autre aussi !  Oh mon Dieu ! » Éruption, nuée ardente déferlant dans les rues, fuite hurlante de la foule, tressaillements de la caméra dans la déroute, sirènes, panique, panique,  panique. Mais que se passe-t-il donc ? Fasciné, collé à l’écran comme des millions de personnes sur la planète Manga, Adénine perd conscience de tout autre chose pour être aspiré par cette insoutenable horreur. Changement de plan, macadam tourbillonnant, chute de la caméra, arrêt de l’image. Adénine s’exorcise de l’envoûtement. Que se passe-t-il ? Juste le son, pas d’image. Les commentateurs s’interpellent, hurlent, hystérie collective, chaos total. Pas moyen de savoir. Ah ! En dessous de l’écran neigeux, insensibles à la cacophonie d’émotions, des sous-titres déroulent leur impassible message.

 poussière tours effondrées

Adénine saute dans ce train de nouvelles bien avancé dans sa boucle répétitive. Pourtant, l’image revient, d’un autre angle. Mais il ne se laisse pas reprendre. Il veut comprendre. Le sous-titrage ne correspond pas à l’image braquée sur le volcan au centre de la métropole. L’écrit parle d’une attaque sur le QGFA et d’un avion qui se serait écrasé quelque part en Sylvestrie, proche de la capitale nationale. Nom de Dieu, nous sommes attaqués ! Mais par qui ? Depuis l’implosion de l’autre grande puissance, les dangers de guerre se sont assez éloignés pour que l’on ait même parlé de désarmement sous l’ancien gouvernement. Mais s’étaient propagées des rumeurs d’attaques terroristes préparées par une poignée d’extrémistes soumissionistes. Ah, voilà, les nouvelles qui recommencent… laconiques comme un télégramme.

 11 septembre 2001

– A 8h 52 ce matin, un avion commercial Boum 737, vol 119 de la Cie A-LAL a percuté la tour sud du TCM  –  Nom de Dieu, mais c’est mon avion !  –  A 9h 05 du matin, un avion commercial Boum 737, vol 74 de la Cie Aerobike a percuté la tour nord du TCM  –  L’avion thymine   –  A 9h 40 du matin,  un avion commercial boum 805, vol 24 de la Cie A-LAL…  l’inconnu ? … a explosé dans l’un des bâtiments du Quartier Général des Forces Armées… Ah mon Dieu ! Pas le QGFA ! … On ne connaît pas encore l’ampleur des dégâts – Aux dernières nouvelles, un avion commercial encore non identifié se serait écrasé en Sylvestrie… Non ! Pas  un autre avion ! Je ne l’ai pas vu celui-là Une attaque de terroristes soumissionistes intégristes est confirmée – – –  A 8h 52 ce matin, un avion commercial Boum 737, vol 119 de la Cie A-LAL a perc… Avion, mon avion, ici et dans la tour en même temps ? Attends, attends une minute, mais c’est impossible, impossible…

A l’écran, revient l’image : un avion arrive, vire légèrement pour ne pas rater la cible et percute la tour, pénètre, provoque éclatement et incendie. Hystérie à la télé, hystérie dans la tête d’Adénine…

 … qui explose sous un coup…

… Brusquement, tout fut silence et ténèbres. Brusquement, le monde et ses problèmes cessèrent d’exister pour Adénine… définitivement ?

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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2 commentaires pour La seconde où tout déraille : mort au pion (4)

  1. Bravo. Très bon récit et en plus, bien illustré.
    Mon jeudi fut ensoleillé, matin tranquille et après-midi : dernier café d’accueil de l’association pour cette année, en juin nous avons l’AG gr…gr.. Va falloir la préparer. En attendant grand week-end tranquille.
    Bon jeudi après-midi.

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  2. tbearbourges dit :

    Ici aussi, beaucoup de soleil et un gros +28°
    Bon et agréable 8 mai qui est férié en France. Le Québec, n’a pas eu l’occupation ni les mêmes déboires qu’en France. Juste quelques commémorations quand même à Ottawa et dans les capitales provinciales.

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