Les années folles de T-Bear

Comme le renne au nez rouge, dans sa folle jeunesse, T-Bear aimait prendre un petit coup avec ses potes. En ce temps là, juste après la disparition des dinosaures, les jeunes ne se droguaient pas, ils se saoulaient. Était-ce mieux ou pire, T-Bear ne saurait répondre. Les alcools ne le tentaient pas trop sauf le pastis et aussi le schnaps de  quetsches  si parfumé qu’il avait appris à apprécier au début et à la fin de son service militaire en Lorraine. Il aimait surtout le bon vin. D’habitude, il se limitait à la douce et joyeuse euphorie qui accompagne de raisonnables libations. Il fut victime cependant de trois cuites mémorables pour ses compagnons mais dont lui-même n’a gardé mémoire qu’à travers les stupéfiantes migraines et nausées qui tourmentèrent ses lendemains de la veille. La première et la plus éprouvante marqua à jamais sa libération du service militaire. Lui-même ne se souvient de rien, mais il paraît qu’il révéla des dons insoupçonnés de clown avant de s’effondrer. Le lendemain il dut subir 12 heures de train pour rejoindre la maison parentale. L’enfer… d’autant plus que ses parents l’attendaient avec une bouteille de champagne. La deuxième succéda à une St-Sylvestre trop bien fêtée. Le premier jour de l’année fut bien difficile à digérer. Quand à la troisième cuite, elle fut organisée par tout le personnel de son dernier camp à la Baie James pour marquer son départ définitif. Les quatre heures d’avion pour le ramener au bercail furent quand-même moins pénibles que le train de sa libération.

T-Bear au lendemain de la veille

Et puis à la cinquantaine, un médicament contre l’arythmie cardiaque eut comme effet secondaire de le rendre malade malade pire qu’un chien galeux à la moindre goutte de boisson alcoolisée. Depuis 28 ans maintenant, c’est la panne sèche… et il ne s’en porte pas plus mal pour autant. De toute manière sont devenus ses potes âgés eux aussi et les rangs de sa bande de joyeux hurons  s’est bien éclaircie. Vieux souvenirs estompés dans les vapeurs du temps et qui pourtant ont refait surface en ce jeudi 12 octobre 2017 quand au marché Adonis il s’est retrouvé face à un étalage de quetsches en spécial qui hors Germanie s’appellent prunes de Damas. Vérification faite sur Wikipedia, c’est bien le même fruit. Elles eurent sur T-Bear le même effet que la fameuse madeleine pour Proust.

A propos tbearbourges

T-Bear est mon pseudonyme : T comme Tree (arbre en anglais) et Bear (ours en anglais). Pourquoi un pseudonyme en anglais pour un français ? L'ours (bear) est l'animal totem qu'un ami Cree, un peu chaman sur les bords, m'a donné alors que je travaillais en exploration pour le compte d'Hydroquébec dans le grand nord Québecois. Les Cree ne parlent qu'un dialecte algonquin et que l'anglais. Donc, Robert se transforma en Bear auprès d'eux d'où mon surnom totem Blackbear (ours noir) à cause de ma barbe et de ma grosse voix. De retour en France il y a quelques années, un mien petit neveu me surnomma Tibère en référence à la vedette ours d'un dessin animé qui passait à la TV en ce temps là. Le surnom m'est resté et je l'ai modifié pour y inclure Tree, l'arbre de la forêt tant aimée et mon totem en mémoire de mon ami Cree et de tous ceux que j'ai connu à Mistashibi, Vieux Comptoir, Fort Ruppert et à Matagami.
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